DOAJ Open Access 2014

L’esthétique du crime chez Cristina Rivera Garza

Cécile Quintana

Abstrak

Dans le roman La muerte me da (2008) de la Mexicaine Cristina Rivera Garza, le crime, sous forme de meurtres en série, ne tombe jamais sous le coup de la morale qui le condamnerait au nom du Bien. Ce sont d’autres catégories purement littéraires et esthétiques qui fonctionnent pour le définir comme un mode d’énonciation et une performance artistique. « Otro cuerpo sin vida. Otro ciudadano. Signos de mutilación. (una manera de enunciar) » (p. 308). Les marques de mutilation – le pénis arraché – s’inscrivent comme autant de signes linguistiques à la surface des corps assassinés qui se transforment de ce fait en énoncés, tels que peut les mettre en scène l’art conceptuel. Dans ce contexte, les performeuses Gina Pane et Marina Abramovic des années 70 deviennent des personnages clés du roman, participant à l’enquête de façon tout aussi énigmatique qu’inquiétante. Ainsi, la réflexion se déplace sur le terrain de l’art et de ses limites pour proposer au final, à travers la prétendue élucidation des crimes par mutilation, de percer le secret du style comme fragmentation chez l’écrivaine Alejandra Pizarnik, dont l’écriture finit par devenir le véritable sujet du roman. Cristina Rivera Garza fait ainsi le pari audacieux mais non moins réussi d’inventer un genre : la critique littéraire comme fiction.

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Cécile Quintana

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Quintana, C. (2014). L’esthétique du crime chez Cristina Rivera Garza. https://doi.org/10.4000/america.622

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Tahun Terbit
2014
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DOAJ
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10.4000/america.622
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